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Ma Tunisie

Je suis Thala cette région de Tunisie, ce n'est pas le hasard qui m'y a rattaché, ce fut il y a des milliards et milliards d'années que j'y suis née dans ses entrailles, mon histoire est la sienne.

 

La Tunisie n'est pas un simple carrefour ou une autoroute de civilisations, bien plus, elle est la civilisation, l'homme y est né et y a vécu il y a des milliards d'années si non pourquoi les grecs, les phéniciens, les romains, les arabes, les turcs et autres s'y sont intéressés.

 

Riche comme elle l'était, elle l'est toujours riche et sa richesse n'est autre que l'ingéniosité de ses femmes et de ses hommes, leur code d'honneur est basé sur l'hospitalité, le pacifisme et l'amour de l'autre.

Le Tunisien est accueillant et la Tunisie est belle, une fée, un songe, un monde de diversité et d'union.

 

Si vous voudriez connaitre cette Tunisie, vous avez tous les choix, selon vos gouts, selon vos besoins, selon votre bourse et selon vos amours. Vous pouvez séjourner au bord des plages de rêve dans des hôtels extra luxueux en toute relaxe sans vous sentir dépaysé comme vous pourriez aussi découvrir la diversité des paysages et des civilisations en optant d'aller à l'autre Tunisie, celle de l'intérieur, celle de l'accueil où chacun vous tendra la main d'amitié ; il partagera avec vous le peu qu'il a sans jamais demander de contre partie.

 

Essayez... Vous verrez, vous seriez attaché à ce petit pays de la méditerranée et certainement vous y reviendrez..

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Samedi 19 septembre 2009

Bonne fête à toutes et à tous.

 

Est-ce que la fête est démocratique ?

 Des enfants ont tout et d’autres n’ont même pas le prix d’un ballon…

Des enfants ont tous les moyens de distraction : jardins publics, piscines climatisées, cinémas, salles de jeux, parcs d’attraction, zoo, …tout…et d’autres à l’exemple de ces enfants Thalois qui n’ont presque rien… si non la misère et l’attente.

 Si l’on pense à ces enfants…




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Mardi 18 août 2009


Chers Visiteurs,

Je tiens à m’excuser du retard, je ne suis pas en congé mais je suis en mission dans les fins confins de l’Afrique dans des endroits inaccessibles mais dés mon retour la vie du blog reprendra son cours normal ; en attendant je répondrais toujours à vos commentaires ; ne vous abstenez pas à visiter le blog, c’est ainsi que vous me souffleriez le courage de continuer.

 

Je vous remercie pour votre compréhension

 

Taoufik Mnasri

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Vendredi 24 juillet 2009

 Ain Thala défigurée: lire l'article sous la rubrique : Thala Actualités et News sous le lien:

           http://thela.over-blog.com/pages/Ain_Thala_defiguree-1588649.html

Photo de Naima.M


      
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Vendredi 24 juillet 2009

Takmat sortit s'assoir sous le pin géant de sa concession, partagé entre la peur de son rêve et la coutume qui lui interdit de le raconter au public sans l'autorisation du grand. Il plongea dans la tourmente et l'hésitation, ira, n'ira-t-il pas au conseil des sages qu'il a convoqué ou renoncera-t-il à son entreprise quand une main pesante se posa sur sa tête et le détacha de l'emprise des soucis...

 

« Nous t'attendons sur la crête de Zelf pour implorer son aide, lui murmura Fara ; allez, lève-toi, nous devons le faire avant le lever du soleil car les Dieux n'aiment pas qu'on les perturbe de jour. »

 

Il se lève sans prononcer un mot et la suivit à travers le sentier rocheux qui serpente vers la rive du fleuve qui sépare le Nadhour et Najaria  (le fleuve tarit au long des âges et devient actuellement l'avenue principale), ils rejoignent une dizaine d'individus et le groupe avança en file indienne entre les buissons secs et les arbres de pin, ils marchèrent en rythme soutenu bien qu'ils se sentirent épiés par des hombres invisibles et suivis à distance par des loups. Quand ils atteignirent le sommet de « Koudiet Oum Al Hirane » où repose la dépouille de Zelf, ils respirèrent profondément et se sentirent à l'aise. Fara ne leur laissa pas le temps de se reposer et les invita à la cérémonie. Il est l'aube, le ciel s'éclaircie, un bleu paradisiaque chasse le noir ténébreux, la danse des couleurs commence, un jaune naissant balaye des rayons de rouge vif et un bleu foncé transpercé par un vermillant s'éclipse dans un blanc rayonnant; le ciel sourit, fleurit, flamboie et fête le cycle perpétuel de la vie.

 

Il n'est guère d'événement céleste qui n'ait de symbolique particulière, le lever du Soleil, son apparition cadencée à la surface de l'horizon symbolise la renaissance quotidienne, Zelf comme Char et tous les Dieux et demi-dieux de Thala renaissent à l'aube et c'est à l'aube qu'ils sont plus attentifs aux doléances...Fara et ses compagnons accroupis  devant la stèle de Zelf face à l'orient têtes et mains levées levés vers le ciel psalmodient une prière qui glorifie tous les ancêtres et les exhorte à soutenir Takmat dans son entreprise, quand le disque solaire fut son apparition, ils se levèrent et tour à tour enduisirent la cuve taillée dans la roche placée au pied de la stèle de graisse puis reprirent le chemin de retour en silence.

 

A peine avaient-ils franchi le col des corbeaux (passage escarpé au pied de Koudiet Oum Al Hirane) qu'un millier de pigeons s'envola à deux pas d'eux, le groupe s'éleva au ciel et dessina un cercle autour du disque solaire rougeoyant puis prit la forme d'un chevalier bondissant sur les petits nuages qui le fuyaient et fonda en petits cercles rattachées entre eux vers Najaria..

 

Fara, Takmat et les autres cloués par le symbolisme frappant du spectacle se croiraient en rêve et ne réalisèrent que lorsqu'ils entendirent des you you de joie s'échapper de la cité, ils pressèrent les pas  et filèrent dans une joie énorme empressés de rencontrer la populace et de préparer le conseil...Ce fut la réponse des Dieux qui adhèrent à leur projet chanta Fara le long du trajet...    

 

En ce jour d'automne de l'an 5 399 Av J.C, sous un soleil clément et un ciel dégagé, les Thalois commencèrent à affluer au tour du caroubier qui dominait la grande hutte du conseil (forum, actuellement l'endroit sur lequel repose la mosquée Alkadiria), la foule grandit et le bruit avec, les discussions s'animent et tournent autour de la bonne augure que la majorité de la population a observé, le spectacle des pigeons s'est gravé dans les têtes et  a incité tous les habitants à découvrir le projet de Takmat...

 

Masaba et Zywoun circulaient entre les petits groupes formés spontanément et évoquaient la vie glorieuse de Takmat, sa sagesse, son dévouement pour Thala, sa fidélité aux codes des ancêtres, sa proximité des dieux  et sa vision futuriste... Mazi et Fara mêlés à la foule aussi,  relataient la vie de ce Takmat  descendant direct du clan des hommes dits « grenouilles » en référence aux habitants de la plaine juxtaposant Boulahneche jadis inondée par les fleuves Oued As Sikka et Oued Atbia et Oued Serrat, Takmat au courage indescriptible, à la force de cinq lions et de cinq ours, lui qui peut lutter seul contre ce nombre de bêtes et les vaincre tout en usant de la ruse, lui qui a prouvé ses capacités  dans la bataille de Jebel Harraba et libéré les captifs en fondant sur ses ennemis...

 

Le soleil vient de franchir la première porte, le disque céleste passa au dessus de la forêt et donna vie aux ombres, les Thalois considéraient que les êtres sans ombres appartiennent au monde des démons, ils considéraient que l'ombre est l'âme de toute créature quelque soit sa nature. Un être sans ombre est un néant qui naquit des ténèbres, son âme n'a pu être purifiée par le feu ou par le soleil ou par la lune. Les Thalois vouaient un culte pour une divinité unique et inconnue qui a engendré des demi-dieux, ces demi-dieux étaient chargés de missions diverses, Zelf qui se sacrifia pour Thala et quitta Zelfane après l'avoir fondée est honorée comme la protectrice de la cité, E-Char qui affronta le tonnerre et le captura dans sa gourde est le demi-dieu du feu, du tonnerre et de la pluie, il est le protecteur des protecteurs.

 

Les Thalois croyaient  que la terre était une boule d'eau, le divin lui ouvrit les entrailles et chargea ses missionnaires de la façonner ; c'était l'ère des géants qui ont fait émerger les montagnes au dessus de l'eau, qui ont dessiné les reliefs, quand ils ont fini, le divin fit jaillir le feu et purifia les êtres, il en choisit la plupart et leur accorda des ombres, ceux qui n'eurent jamais d'ombres s'associèrent aux ténèbres et au désastres.

 

À Thala, c'étaient les femmes qui dessinaient les fresques dans les grottes de Najaria, de Char et de Nadhour, de Biranou, de Boulahneche, de Lajred et de Laayoun, elles donnaient vie à leurs sujets en leurs attribuant des ombres et si une femme voulait démonétiser quelqu'un elle le dépourvoyait de son ombre ce qui lui attira toute la furie du clan, ainsi, se rappelle-ton de Quital qui s'est vengé du puissant et barbare Bonda.

 

Bonda était un puissant chasseur mais aussi un homme horrible, de taille athlétique, barbu et touffu de cheveux au point qu'il n'eu jamais besoin de beaucoup d'habits pour se couvrir dans les hivers longs et glaciaux, il réunissait dans sa case une dizaine de femmes qu'il retenait par la terreur et la torture, il arriva à Thala vers l'an 11324 av J.C alors qu'il était égaré, le sage l'avait accueilli sous réserve de se conformer au code de vie de la petite cité et lui avait offert une femme pour partager et faciliter sa vie ; Bonda  s'intégra rapidement et devint le maitre de la chasse, a lui seul, il ramenait trois à cinq grandes bêtes par sortie, personne n'osa l'affronter dans les jeux de lutte ni dans les concours de javelot, trois ans à peine et juste après la mort du grand sage, il s'accapara des deux filles de ce dernier et défia la cité et le clan, il se voua à la vie de la paresse et savoura le plaisir d'asservir ses femmes ; il attachait par les pieds la femme qui lui désobéissait et la suspendait tête vers le bas sur le tronc du caroubier en l'abandonnant à son sort tout en interdisant à tout le monde de l'approcher. Il était source de crainte et personne n'osa se mesurer à celui qui a rompu les serments d'hospitalité. 

 

L'incontournable mal arriva par cette nuit hivernale quand une de ses femmes qu'il a attaché sur la rive de l'Oued Machallah fut dévorée par les chacals. Trois jours après cet incident malheureux, Quital, l'une de ses femmes, qui partit à la chasse en compagnie d'une vingtaine de personnes se trouva obligée avec le groupe de se réfugier dans la grotte des tigres sur l'amont Nord des collines de Char à cause d'une tempête de neige qui dura sept jours de suite ; elle passa ses nuits à peindre ses fresques sur les parois de la grotte, elle représenta Bonda dans une cène de chasse aux femmes, dépourvu de son ombre, sa chevelure tressée en cordes au bout de la quelle il a attaché ses prises pour les trainer dans un bain de sang derrière lui, la fresque fut le sujet de conversations et de palabres de la cité durant des semaines et finit par attirer sur Bonda les foudres de la colère collective ; il fut attaché et trainé dans la grande cour du caroubier puis abandonné aux fauves dans la forêt des loups (Flaligues)qui le déchiquetèrent et se partagèrent son corps avec les charognards pour disperser son ombre de mal dans les entrailles des animaux qui sauront la recycler comme en croyait les Thalois.

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Jeudi 16 juillet 2009

Ain Thala fut à l'origine le mobile de sédentarisation des premiers Thalois qui y trouvèrent une source naturelle climatisée, tiède dans les hivers glaciaux et fraiche dans les étés chauds, se fixèrent à son bord et fondèrent un village, le village grandit et devint cité...des milliers d'années passèrent et vinrent les romains, creusèrent une galerie souterraine et aménagèrent les lieux pour nous léguer l'actuelle fontaine dite Ain Thala....vingt siècles plus tard, des prétendants à l'ingéniosité voulurent aménager le site et l'embellir avec une grossièreté barbare, ils ont remplacé les pierres taillées romaines par des moellons grossiers et quand ils ont touché au réseau de canalisation original, ils ont déclenché la catastrophe.... La source retenue depuis 50 000 ans par des astuces ingénieux s'est soudainement déséquilibré et l'eau a inondé la place....A dieu refuge de la civilisation d'une cité qui fut jadis grandiose...Adios Ain Thala, ainsi ont voulu ces gens qui agissent sans professionnalisme....  


        Photo de Ain Thala Inondée / Naima. M Juillet 09


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Dimanche 14 juin 2009

Avant l'été comment la vie coulait-elle à Thala ?

lire l'article en cliquant sur ce lien: 

http://thela.over-blog.com/pages/Thala_activites_dhiver-1474596.html

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Lundi 8 juin 2009

Les deux silhouettes de Gountas et Takmat s'éclipsèrent dans le noir, les deux hommes suivis par trois chiens atteignirent le Rocher du Doute (appelé depuis 50 années « villa Birsis » sur le flanc du mont Nadhour de Thala) dans le silence ; ils s'y installèrent l'un en face de l'autre. Gountas ne prononça rien, il scruta le ciel durant un bon laps de temps regardant les étoiles trôner, quand il vit scintiller l'étoile qui conduit le cortège vers l'Est (vers la constellation de Cassiopée), il se leva, ramassa des brindilles, des feuilles mortes et du petit bois et en alluma un feu qu'il ranima avec des branches de romarin qu'il saisit à portée de la roche ; Takmat se résolut au silence comme il est de coutume quand Gountas commença le cérémonial de la consultation. Il se mit à tourner autour du feu et de Takmat en récitant des paroles indéchiffrables et en ravivant le feu avec les encens, sa voie se ravivait aussi au fur et à mesure que le rythme de sa dance s'accélère, l'atmosphère se chargea de mystères au point que même les animaux sauvages de cette forêt se cantonnèrent au silence absolu ; les chiens ne faisant plus de bruit et une douce brise caressa les branches de pin et fit étinceler le feu. Gountas saisit l'index gauche de Takmat et lui fit une brèche avec son couteau, versa le sang qui s'écoula sur le feu puis ordonna son sujet à tourner au tour des braises sept fois en se prosternant et en implorant les ancêtres puis le fit assoir à genoux la tête tournée vers l'Est, il le tapota dans un rythme religieux avec sa canne sacrée puis le releva et lui fit part du verdict :

 
   Façade Ouest de Nadhour_Thala: Le Rocher du Doute ou comme appelé actuellement Villa Birsis est cet enclos entre les roches de la strate marbrière


«Cher Takmat, les ancêtres ne nous ont jamais abandonné, leurs esprits vivent parmi nous, nous observent, nous protègent et nous guident, ils connaissent nos intentions et jugent nos actions, nous leur devons notre salut quotidien et nous devons éviter leur colère qui n'engendre que malheurs et catastrophes...leurs âmes qui habitent les étoiles et les font briller nous parlent comme tu en parles à tes enfants ; ce soir, du haut de cet amas, ils ont senti l'odeur de ton sang et ont respiré l'odeur de mes encens et ne tarderont pas à manifester leur adhésion à tes projets . S'ils consentent, tu devras faire serment sur l'autel de Zelf et sacrifier sept bêtes que tu auras chassé dans la vallée interdite de Biranou, tu donneras à manger sept jours et sept nuits, tu dormiras trois jours dans les tombeaux sacrées et tu jeuneras deux jours ; ainsi ton, entreprise sera bénie et soutenue par les ancêtres et les dieux. »

 

Takmat astreint au silence, n'en dit rien et figea son regard sur le ciel dans le cercle que décrivit le bâton sacré de Gountas ; il attendait un signe des ancêtres sans savoir lequel, il eu peur de vagabonder avec son esprit ailleurs et de réfléchir à la réaction des Thalois à son projet, il voulut échapper ne serait-ce que se rappeler de la bataille ou du drame qui a touché sa cité et qui lui inspire son action mais il eu peur des yeux des ancêtres qui sont partout et qui ne dorment jamais et de Gountas qui le bouscula par les épaules et lui murmura l'ordre de concentrer ses pensées et ses réflexions au mouvement du bâton sacré.

 

L'attente fut  longue, les chiens accroupis aux pieds des maitres allaient répondre aux hurlements des loups si proches mais le bâton de Gountas ne pardonne pas, il exigea le silence absolu à tous, bêtes et humains et l'obtint en alimentant le feu de ses encens à effets redoutables, les hiboux philosophes ont arrêté de huer, loups et hyènes charmés par l'odeur magique se sont endormis, les lions se sont sentis hypnotisés, tout ce qui bouge sembla s'arrêter et apprêter ses yeux au ciel quand une pluie d'étoiles filantes dessina un spectacle émerveillant. Gountas sautilla de joie et défia l'âge, il cria honneur et gloire aux ancêtres et aux dieux.

 

« C'est le signe, c'est le signe » répéta-t-il plusieurs fois en tournant à la folie autour du feu et de Takmat...

« Allez âmes de la forêt, reprenez vie et criez, hurlez, aboyez, chantez, glatissez, grisollez, croulez, bramez, jappez, huez, stridulez, grognez, coassez, barrissez, bourdonnez, gazouillez, rugissez, grognez ; honneurs aux dieux et aux ancêtres, ils sont là et ils n'abandonneront jamais Thala et Thalois, ils nous protègeront autant que nous témoignerons fidélité et soumission à leurs modestes désirs... Toi, Takmat, témoin de ce miracle, vas dans le chemin que les ancêtres t'ont inspiré, ils te soutiennent et te protègent comme ils l'ont prouvé lors de ta dernière bataille.. »

 

Comme par enchantement, la vie a repris dans la forêt, Takmat sautilla de joie, il ne saura prononcer un mot mais au fond de lui un bonheur immense l'emporta, il a vu de ses yeux les ancêtres descendre sur terre, les étoiles filantes étaient leurs âmes, ils se sont manifesté à sa demande et à sa requête ils sont consentants.

 

 Il prit le chemin de retour, lui, les chiens et Gountas dans le même silence qui les a ramené à cet endroit. Il rentra dans sa maison sans dire mot et se jeta sur le Hsira (natte de sol faite en alfa dont l'épaisseur atteint 30 cm, plus douce qu'un matelas moderne, le Hsira est un excellent isolant thermique, tissé manuellement par les hommes qui l'ornent de dessins géométriques qui représentent la position de la famille par rapport à la tribu et aux dieux vénérés, deux couleurs essentielles sont utilisées, le jaune alfa et le marron. Dans la société berbère et vers l'an 7000 av J.C le Hsira est offert par l'homme à la femme qu'il a choisi en mariage ou à celle qu'il préfère s'il est marié avec plusieurs. Le Hsira ne se troque pas dans cette société et tout homme ne sachant pas en  fabriquer est considéré n'est pas bien vu par les femmes) et n'arriva pas à fermer les yeux ; il se perdit dans une vision qui l'emporta loin, il se vit voler à dos d'un cheval noir sur les cimes des collines sacrées d'E Char tenant la gourde des dieux à la main droite et le sabre qui lance les éclairs dans sa main gauche, il parcourut toute la région, frôla les pics de Biranou et de Lajred, plana au dessus des marécages et des vallées de Sidi Shil et de Zelfane; survola Oum Al Aroug, le Zelguem, Ain Al Khreiba, Al Krissa et se posa sur le pic de Boulahneche, Zelf l'attendait avec un sourire étrange, il le reconnut par les deux serpents géants qui l'accompagnaient ; à peine ayant posé les pieds sur terre que le cheval volant disparut dans les cieux à la demande de Zelf, Takmat frissonna puis voulu montrer son courage, il dégaina son sabre et le pointa vers les serpents, sa main brula soudainement et son corps sembla s'affaisser quand un grondement de tonnerre envahit l'endroit, Zelf lui fit signe de s'assoir et de regarder au Nord et lui dit :

 

« L'affront des ancêtres est pure trahison châtiée par le feu, l'aveuglement et la démence ; tu viens de perdre le sabre sacré car ta peur t'en a inspiré ; nul être au cœur fragile ne survive au désarroi, mais toi Takmat, tu auras une autre chance ainsi les anciens ont décidé ; tends ta main que tu crois brûlée à ma droite tu en auras protection et monture car au fond de toi vit Thala et ses enfants. Regardes, cette direction (visant le Nord) tu as des frères de sang et des amis qui te tendront la main et auxquels tu devras te rallier mais sois prudent car de la même direction souffleront aussi les tornades meurtrières et cette direction (visant le Nord-Ouest) sera une porte difficile à garder, que les chasseurs y fassent attention et que les sentinelles ne quitteront jamais... »

 

Takmat voulut parler et voulut poser des questions qui l'intriguaient mais sa voie sembla être étouffée, quand il tendit la main vers la droite de Zelf, ce dernier disparut dans un nuage, il soudain sentit un serpent l'entourer et semble s'envoler avec lui dans les cieux, Il lança un cri terrifiant  qui réveilla toute la famille de sa maison, ses femmes accoururent vers lui, il était trempé de sueurs froides et délirait des syllabes incompréhensibles. Sa fille Chinta posa sa tête sur ses épaules et lui souffla des mots tendres dans les oreilles ; il se réveilla étourdi et surpris. Il se leva et ordonna qu'on prépare les offrandes du conseil, tout s'afféra dans la maison dans ce dernier quart de la nuit et tout le monde se mit à préparer les mets de viande séchée  qui sera enduite de miel, d'autres préparaient les jarres de lait.

 

Takmat sortit s'assoir sous le pin géant de sa concession, partagé entre la peur de son rêve et la coutume qui lui interdit de le raconter au public si le sage ne l'autorise pas ; il doit attendre sept jours pour le faire et si le sage l'autorisera, il doit faire une offrande publique pour gagner l'estime des dieux et des ancêtres...Il commença à hésiter, ira-t-il au conseil des sages qu'il a convoqué ou renoncera-t-il ?    à suivre...



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Jeudi 21 mai 2009


Le sol, les murs et l'espace de Thala sont chargés d'histoire et d'enseignements, le jurassique est passé par là, je n'ai pas le bâton du scientifique qui peut fouiller et questionner les fossiles mais j'ai ma passion pour ma terre que je partage avec tout le monde et je vous en fais part de ma découverte qui date de 2007...A tous ceux qui peuvent trouver des créneaux dans les départements de recherche et qui n'auront pas la déception que j'ai eu, j'indiquerai la vallée que j'ai baptisé vallée des dinosaures Thalaus Intisarauus au nom de ma fille.
Visiter la page :

http://thela.over-blog.com/pages/Le_jurassique_a_Thala-1405159.html

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Mercredi 20 mai 2009


A la veille du conseil, Takmat avait consulté l'oracle, il s'est rendu chez le vieux Gountas qui semble avoir vécu assez longtemps, un siècle et demi disait-on, deux siècles racontent les histoires nocturnes, il est la mémoire de la cité comme il est son principal guérisseur, c'est lui qui entrainé et formé Machtart et c'est lui qui détient le savoir des secrets de la nature. Quand Takmat vint le consulter, il était entrain de raconter à une foule de gens l'histoire de l'olivier et en vantait ses vertus, eux étaient là émerveillés en l'écoutant on dirait qu'il les a hypnotisé. En fait Gountas avait de multiples talents qu'il a cultivé dès son jeune âge ; une forte personnalité présente dans son regard fédérateur de mouvements, sa maîtrise intuitive de la pensée dans l'action, la justesse de son ton et la maîtrise d'un rythme expressif soutenu quelque soit le sujet qu'il aborde. Sa voix, sa stature et son émotion, sa tactique physique et argumentaire, sont ses atouts, il  fait et défait les choix de son public puisqu'il agit de façon durable sur la mentalité de ses auditeurs. Takmat qui était venu le consulter, n'a pas eu le courage de l'interrompre et s'est trouvé assis avec la foule se baigner dans l'histoire de l'olivier que racontait Gountas avec une voix inspiratrice :

 

L'olivier, disait-il, est plus proche des dieux que des hommes, quand les géants ont finis par souder les montagnes entre-elles et ont fini de peindre les reliefs, ils ont soufflé les vents et ont frotté les silex pour déchainer les tempêtes fertilisantes, tout poussa : herbes et forêts ; les créatures se succédèrent et peuplèrent la terre, les fleuves et la mer ; la vie s'en alla de son train jusqu'à ce que cet être si génial qu'est l'homme arriva, il en chercha d'abord sa nourriture, puis sa partenaire, et quand il erra dans les espaces si vastes, il rencontra les dieux : que manquera-t-il à ton bonheur lui demandèrent-ils ? Il ne pensa pas à son âme ni aux dangers qui l'entouraient, mais à son confort, il répondit sans trop réfléchir : une denrée qui nourrit, qui guérit, qui éclaire et qui rajeunit, une denrée que seuls les dieux en avaient...Tu en auras, répondirent les dieux. La quelle ? rétorqua l'Humain ; elle arrivera par les cieux, tu la reconnaîtras tout seul puisque tu viens de la décrire.

 

L'homme impatient par nature, se mit à errer sur terre, il traversa les mers et les montagnes, il se noya dans les fleuves, il migra de lieu en lieu, sans le savoir, il se dispersa sur la terre et partout où il arriva, il fonda des tribus et puis des peuples...les années, les temps passèrent à la recherche de sa denrée si chère, et quand il peupla le monde et perça le secret de l'agriculture, le miracle se produira. Saf ce petit dieu qui fut le génial agronome Thalois, il ya bien des milliers d'années de ce temps-ci (vers 11010 av J.C), a vu le miracle de ses yeux, il a été le témoin de la puissance des dieux face à l'impatience humaine. Ce fut un matin d'automne, Saf debout sur le Rocher du Doute (appelé depuis 50 années « villa Birsis » sur le flanc du mont Nadhour de Thala), regardant les plaines et marécages du Nord sous un lever de soleil limpide observa un nuage épais qui se rapproche rapidement, des millions d'étourneaux (Zarzour) qui se livrent à des acrobaties impressionnantes en un spectacle grandiose; il donna l'alerte en soufflant dans la corne de cerf suspendue à son cou pour inviter les Thalois au festin car ils auront à manger du moineau tout le temps que ces oiseaux resteront dans la région. La corne dégagea un son aigu qui réveilla les tardifs et fut accourir les matinaux, à peine quelques instants et Saf s'entoura de dizaines de gens grâce à son instrument. Vous ne l'ignorez pas, car je vous en ai parlé de la technique des cornes que nous maitrisons encore grâce à ces gens ingénieux. Eux qui n'avaient pas encore maitrisé le secret des métaux, ont trouvé dans les cornes des cervidés un outil par excellence, ils l'ont soigné pour en faire des cornes à boire, des outils à siffler, d'autres à contenir la poudre précieuse, des cornes à bêcher, des cornes couteaux et flèches à percer le gibier, des cornes à contenir les dents de silex tranchant, ils en ont tant fabriqué qu'ils n'ont rien laissé à notre imagination.

 

Gountas respira profondément et reprit son récit ; Saf et les autres s'émerveillèrent ce jour là, ils ont capturé des centaines de ces étourneaux délicieux qui s'engraissent de fruits et d'insectes pacifiques, vous savez comme moi que les dieux et les petits dieux ont toujours quelque chose qui les distingue de nous simple humains insista-t-il; quand tous les autres ont mangé ces moineaux et se sont amusés à en fabriquer des aiguilles et des fléchettes avec leurs os; Saf était pensif et distrait comme si des voix inaudibles lui parlaient ; ce soir il ne s'endormit guère et à l'aube il revint au rocher du doute comme s'il attendait un voyageur; à peine que le ciel de l'Est se charge d'un violet doré, un gazouillement étourdissant couvre l'endroit et un nuage de moineaux pique sur lui ; il ne bougea pas mais afficha une allure déterminée, les moineaux en milliers de milliers tournoient au-dessus de sa tête et autour de sa taille durant un bon moment puis se divisèrent en plusieurs essaims ; un des moineaux vint vers lui et se posa sur sa main tendue ; il le rapprocha de lui et lui parla comme s'il en parla à un humain : « vous êtes les bienvenus si vous ne détruisez pas les plantes et nos réserves, restez autant que vous le voudriez et j'en parlerai à mes semblables pour vous épargner la vie ». L'oiseau ouvrit son bec et laissa échapper des mots qui émerveillèrent Saf : « nous sommes venus et nous reviendrons toujours à la même saison parce que nous sommes chargés d'une noble mission ; chacun de nous porte dans son gosier les graines de l'arbre des cieux, l'arbre qui est née dans le soleil, l'arbre qui donne le feu, la vie et la longévité, nous le sèmerons sur vos terres et vous en cueillerez les fruits, c'est ainsi qu'ont décidé les dieux réunis ». L'oiseau s'envola rejoindre son groupe qui disparut vers l'Ouest.

 

Saf courut rejoindre le vieux Koun , ce tri-séculaire gardien de la mémoire Thaloise qui avait la magie de la parole, la sagesse du temps, l'expérience de l'âge, les connaissances du voyageur, le pouvoir du verbe et la magie du mime ; il lui  raconta l'histoire des étourneaux. Koun sans surprise le crut et dépêcha des enfants réunir Gueli, Agez, Mara et une dizaine de volontaires, il les envoya vers la forêt Flaligues à la trace de ces oiseaux. Le groupe observa durant des journées entières le mouvement de oiseaux et constata qu'ils se nourrissaient du fruit d'un même groupe d'arbres sauvages perchés dans les flancs protégés du froid des hauteurs de la forêt ; Saf saura que ce sont ces mêmes moineaux  qui ont semé les grains qu'ils ont amené d'ailleurs dans leurs fientes et qui ont fait pousser cet arbre...c'est un miracle répétait-il, les dieux ont chargé ses moineaux de cette mission et c'est à nous d'en tirer le profit...Il se mit à chercher dans les parages en compagnie du groupe ; il a ramassé une bonne quantité de ce fruit noir luisant dégageant une odeur magnifique et laissant couler un violet teintant...La première année, il mangea ce fruit, la deuxième année tout le monde en chercha dans les bois et en cueillit, la troisième année puis la cinquième ; à la septième année c'est sa femme qui en découvrit la vrai richesse de ce fruit quant elle soutira l'huile...un liquide née dans le soleil, s'est transformé en arbre dans les champs des dieux et descendit sur terre dans le ventre des oiseaux pour donner un fruit qui nourrit, qui guérit, qui éclaire et qui rajeunit...

 

Depuis Saf, de génération en génération cet arbre symbole de force et sagesse, de longévité et espérance, de victoire et gloire, de richesse et abondance fut cultivé pour  les vertus de toutes ses parties ; son fruit, sa feuille, sa fleur et son écorce. Nos guérisseurs nous ont légué un héritage si riche qu'il est de mon devoir de vous le rappeler insista Takmat.

 

Il continua dans un ton très sérieux qui fixa la respiration et l'attention de tous les présents : l'onguent soigne les courbatures, les ulcères et les maladies maudites (choléra), les feuilles Oô combien elles sont laxatives et font baisser les fièvres hivernales comme celles des piqures de serpents ; l'huile a tous les effets magiques sur le corps boisson ou aliment ou encore appliquée après un bain ; elle protège contre le froid et contre le soleil; le mélange de feuille et d'huile soignent toutes irritations ; je ne vous cacherai pas mes recettes à base d'écorce et de cendres pour guérir tous les maux internes. Il se tut un moment et reprit dans un ton religieux « L'olivier ...cette merveille des cieux, ne vous en privez jamais...elle soigne, guérit, embellit, rajeunit, adoucie, allume nos lampes et réchauffe nos cœurs...n'oubliez jamais ces enseignements et perpétuez les à travers les temps..

 

Il s'arrêta un moment et voulut reprendre un autre récit, Takmat lui fit signe de la tête, le vieux se sentit embarrassé puisqu'il s'intéressait au dialogue qui suit les récits, mais comme s'il s'attendait à cette visite, il tendit une main à Takmat et de l'autre s'accouda sur sa canne dorée, il se leva en murmurant son mécontentement et s'isola avec son visiteur si pressé de connaitre ce que lui cache l'avenir...à suivre...   

Par Thala, Talah et Thela actualités news et histoire - Communauté : Roman d'un village tunisien
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Jeudi 7 mai 2009

La bataille de Jebel Harraba marqua profondément Thala et les villes dites « sœurs », une nouvelle organisation de la vie sociale vient de voir le jour. Aussitôt les festivités et le sacrifice de bêtes terminés, un nouvel ordre vient de naitre, un nouvel homme fort dont la popularité a grandi orienta le conseil des sages vers un système de gouvernance inconnu auparavant.

 

En ce jour d'automne de l'an 5 399 Av J.C Takmat prononcera un grand discours devant le conseil des sages qu'il a convoqué pour fixer la répartition des nouvelles tâches et la désignation des responsabilités de chacun ; d'habitude le conseil se réunit informellement tous les soirs lors des palabres quotidiennes et  inopinément pour décortiquer un sujet intriguant ou pour résoudre un différent très grave.

 coururent en sautillant avec des pas géants puis plongèrent dans le lac ; avec les lames de silex attachés à leurs pieds et à leurs coudes, ils éventrèrent les crocodiles et poussèrent Char hors de la vase et de l'eau tourbillonnante. Char sauvé et reconduit à Thala, récompensa tout le clan, il leur offrit sa réserve de nourriture, une centaine de peaux de zébus, des dizaines de défenses d'éléphants, vingt une dent de scie de tigres géants, il les dota du pouvoir exceptionnel de respiration sous l'eau.

 Takmat est le descendant direct du clan des hommes dits « grenouilles » en référence aux habitants de la plaine juxtaposant Boulahnache jadis inondée par les fleuves Oued As Sikka et Oued Atbia et Oued Serrat, une terre riche, poissonneuse, fertile et pleine de gibier, la demeure des crocodiles, des hippopotames, des lions et des cerfs  (actuellement habitée par les « Saïdi »). La légende associe aux hommes grenouilles leurs capacités à vivre sous l'eau comme sur la terre ferme, un don qui leur a été offert par Char le demi-dieu Thalois quand il fut pris dans le tourbillon du lac situé jadis entre Jebel Ar-wis et Jebel Boulahnache, au moment où il se noyait entouré par deux crocodiles géants qui attendaient sa fin, deux vigoureux chasseurs qui ont observé la scène

Takmat au courage indescriptible, a la force de cinq lions et de cinq ours, il peut lutter seul contre ce nombre de bêtes et les vaincre tout en usant de la ruse, de la force et des cris terrifiants qu'il pousse quand il entre en transe de lutte ; la tragédie vécue par Thala l'a beaucoup marqué, il a perdu six membres de sa famille dont sa première épouse qu'il adorait à la mort. Il avait juré de poursuivre les ravisseurs et de les punir, il l'a fait, il avait juré de défendre sa ville, c'est ce qu'il compte faire et personne ne peut l'empêcher sauf les femmes du conseil qui pourraient mettre son projet en péril.

 

Pour assoir son idée, il passa de maison en maison, il exposa son projet aux femmes, qui étaient les chefs de familles et qui avaient le pouvoir de refuser ou d'influencer, il insista sur le fait que nul changement dans l'ordre social n'aura lieu (par allusion au statut matriarcal, d'ailleurs lui-même ne savait pas s'il puisse exister un autre mode ou un autre statut social), il s'attarda sur le fait que la cité a besoin d'un défenseur puisque les dieux semblent démissionner de ce rôle du moment que des étrangers ont trahi l'hospitalité et ont massacré une centaine de Thalois sans que personne ne s'en rende compte et en particulier le conseil auquel il en veut , la cité a besoin d'un homme fort qui puisse organiser et veiller à la mise en place d'un système de défense qui profitera à tous les habitants et à leurs réserves de nourriture.

 

Le lendemain, devant le caroubier qui dominait la grande hutte du conseil (sorte de forum, actuellement l'endroit sur lequel repose la mosquée Alkadiria) les Thalois avertis la veille par le Bouhali (le fou) commencent à affluer, le cercle du conseil commence à prendre forme dès les premiers rayons du soleil ; les femmes occupent le premier rang, les hommes aiguisés par l'âge et l'expérience s'accordent le deuxième rang et tous les hommes et femmes majeurs qui ont réussi le rituel de passage de l'enfance à l'âge adulte s'assoient en tailleur au troisième et au quatrième rang. Les enfants ne sont pas admis mais sont sollicités pour assurer la corvée d'eau qu'ils dispensent dans leurs Guerbas (outre fabriquée avec une peau de chèvre dépiautée sans qu'elle ne soit éventrée, tannée à l'intérieur par la poudre de l'écorce de chêne puis cousue et enduite de Qatran (huile de cade) constitue un récipient naturel bio et parfait pour la conservation de la fraicheur de l'eau aromatisée au Qatran sous les chaleurs torrides d'été sans recours aux frigos).

 Au départ, l'enceinte du conseil a été construite en moellons en forme d'un cercle fermé de deux coudes de hauteur afin de se protéger des attaques animales fréquentes. Par matinées ensoleillées d'hivers, lors des après midi du printemps, les Thalois s'y réunissent, et en été y veillent durant les longues soirées. Sans sujets spécifiques, ils viennent se raconter leurs histoires de prodiges de chasse, faire le troc entre eux, consulter le guérisseur, partager les découvertes de nouveaux espaces mais aussi tuer le temps d'inactivité en s'entraidant à sculpter un os ou un silex.

 

Le cercle devint un espace de réunions où se dénouent les différents entre membres de la communauté et le lieu de débat public suite à un évènement tragique que connut le village une nuit d'automne de l'an 7500 av J.C quand une horde d'ours s'est attaquée au village et a tué une dizaine d'enfants, six femmes et quatre hommes ; les Thalois ont passé trois jours de suite dans l'enceinte du cercle à débattre du drame, ce débat leur a inspiré  un nouvel type d'habitat doté de portes d'accès à la case et a permis la mise en place d'un système d'alerte précoce assuré par des volontaires postés en gardiens dans les points stratégiques de la cité.

 La notion de cercle fut empruntée au disque solaire, les Thalois élevèrent une colonne sur le côté Est pour surveiller les équinoxes lors desquelles le soleil se lève exactement à l'Est et se couche exactement à l'Ouest ; chaque printemps, le vieux sage dirige un rituel qui se prolonge trois jours de suite durant lesquels les Thalois se partagent nourriture, boissons,  habits, plusieurs alliances se scellent dans la joie festive, la cérémonie est continuée sur les flancs de Koudiet Oum Alhirane en hommage à Zelf la protectrice.

 Simzart, qui revint d'un séjour de trois mois à Cirta en cette année 5423 av J.C (l'actuel Le Kef, Tunisie) fut émerveillé par l'organisation matérielle des assemblées des Cirtois qui ont construit une citadelle pour abriter les réunions et servir de demeure aux sages de la ville. Il eu l'initiative d'annexer au cercle du conseil découvert, une antichambre couverte qui sert de parloir et d'abri après les longues nuits de palabres.

 

Les Thalois accordaient une importance à cet édifice qu'ils lui consacrèrent un intérêt particulier, ils l'ornaient de tous les objets qu'ils jugeaient de valeur, on y trouvait entre autres les belles nattes faites de peaux d'ours, de lions, de zébus et de laine, les derniers outils inventés, des ustensiles... la règle était simple, tout ce qui ornait le cercle était un bien communautaire, bref, l'orgueil de tout le monde.

 En ce jour d'automne de l'an 5 399 Av J.C, Takmat fait distribuer par ses femmes et ses enfants des mets de viande séchée enduite de miel et du lait frais, toutes les personnes présentes en ont eu mais ont été surprises de l'acte puisque d'habitude elles viennent avec leurs provisions à l'exception de l'eau. Ce geste que Takmat a emprunté au vieux Hibsal de Zama marqua les esprits et lui valut tous les honneurs avant même de prendre la parole et d'exposer sa proposition. Le Politique vient de naitre à Thala et le Politicien vient de se distinguer du simple citoyen...

 Avant l'ouverture de la séance, il était d'usage qu'une femme parmi les plus actives, ayant enfanté et ayant réalisé des exploits fasse louanges aux dieux et fasse le tour de l'enceinte pour la parfumer d'encens en les brulant dans la pomme de sa main gauche, elle devrait faire preuve de force car la moindre manifestation de douleur est une mauvaise augure qui annule la tenue du conseil. Ce matin, c'est Fara qui se chargea du rituel, vêtue d'une robe en cuir très fin et souple de couleur pourpre fondue sur le devant et d'une ceinture de peau de lion attachée à sa taille, ses cheveux dorés se dégagent sur ses épaules ; la paume de sa main gauche tendue vers le ciel et dégageant une fumée bleue parfumée ressemblait à une torche dirigée vers les cieux implorant la bénédiction divine, Fara telle une tigresse dans ses élans tourne dans l'enceinte, sa forme opulente et son élégance lui donnent l'allure d'une divinité à la forme humaine, elle synchronisa ses gestes et ses paroles dans une danse mystique et magique qui obligea un silence absolu parmi la présence. Quand tout l'encens s'est consumé, elle regagna le parloir, tourna sa main fumante vers le public, s'agenouilla tête levée vers le ciel jusqu'à ce que Simzart lui releva la main gauche noircie en guise d'approbation, elle a parfaitement parlé aux dieux qui n'ont pas manifesté leurs refus qui le font d'habitude en semant la peur et les douleurs dans l'âme du prieur qui à son tour le dégagera par des cris et des gestes tordus.

 La foule qui d'habitude  bruyante se fait attentive et calme, Simzart remercia les dieux et les ancêtres d'avoir écouté leurs prières et remercia Takmat pour sa générosité, il fit état des choses, il rappela les événements tragiques qu'a connu la ville et s'attarda sur l'exploit de la bataille de Jebel Harraba puis finit par inviter ses concitoyens à prêter une oreille attentive à Takmat.

 Takmat, chasseur de grande réputation et guerrier qui  vient de prouver ses capacités dans la bataille de Jebel Harraba, est aussi un orateur éloquent, avec Quentar n'a-t-il pas rallié les Mactaris et les Zamayens à sa cause en usant de la force du verbe et des offrandes bien ciblées, n'a-t-il pas vaincu les agresseurs et libéré les Thalois captifs ;  il se leva au milieu du parloir, à sa gauche le grand Quentar, à sa droite Mazi le vigoureux, il contempla droit dans les yeux toutes les personnes assises dans le cercle et commença à parler...à suivre...    

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  • : 23/07/2008

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Commentaire de LizaBuzz

Lisabuzz.com parle de Thala région de Tunisie : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Thala région de Tunisie, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Taoufik mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Thala région de Tunisie et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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