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  • Je suis Thala, une petite région sur la carte de la Tunisie, j'y suis née dans ses entrailles, mon histoire est la sienne, et, son histoire, j’en ai participé activement et fièrement. Construite il ya 50 000 ans au moins, je fus un centre

Ma Terre

Je suis Thala, une petite région sur la carte de la Tunisie,  j'y suis née dans ses entrailles, mon histoire est la sienne, et, son histoire, j’en ai participé activement et fièrement.

 

Construite il ya 50 000 ans au moins, je fus un centre stratégique et névralgique pour tous ceux qui se sont succédé sur le pouvoir en Tunsie  de par ma situation géographique qui domine les plaines des fleuves Mellegue et Serrat et de par ma position sur le croisement des routes, de par les richesses agricoles et minières de toute la région et de par la richesse des humains que j’abrite, par l'ingéniosité de mes femmes et de mes hommes, leur hospitalité, leur générosité et le pacifisme qui est leur code d'honneur.

 

Parceque je fus depuis 1956 momifiée par le régime de bourguiba et spoliée par celui de ben ali, je n’existe que sur les cartes des pilleurs de trésors et des richesses naturelles mais grâce au sang de mes martyrs je renais et j’aspire à me faire découvrir par le monde…

 

Songez à passer, à sentir la sueur paysanne parfumée de romarin et à gouter le bonheur des moments diversifiés...Vous expérimenteriez par vous même l'accueil chaleureux de ce Tunisien qu’on a éloigné et caché il ya 55 ans....Essayez...vous ne le regretteriez jamais...

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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /Août /2008 13:23

Petit pays, Grande histoire

Auto-Récit d’un village, Thala-Tunisie (6)

Introduction au récit, part I : les géants du ciel

 

Bonjour et/ou Bonsoir toutes et tous,

 

A celles et à ceux qui ne savent pas qui je suis, je me permets cette petite introduction :

 

  Dans les écoles, ils nous parlent des séismes et des volcans comme étant les phénomènes naturels mécaniques, et physiques qui se perpétuent dans la planète à cause des pressions et des mouvements des plaques tectoniques, et qui sont ravageurs et destructeurs, moi, j’en sais quelque chose. Les séismes et les volcans façonnent le monde, refont les reliefs et dessinent les frontières.  Moi, j’en suis pas née aisément, il a fallu des milliards d’années pour que je me rattache au continent grâce aux séismes et d’autres milliards pour qu’un énorme volcan me fasse surgir des fonds de l’océan et me colle à l’Atlas et encore des millions d’année pour respirer une atmosphère vivable.

 

Je suis Thala, un petit enclos dans un petit pays de la méditerranée, la Tunisie, ce petit morceau de terre où dix millions de cœurs battent ensemble et respirent le romarin et le thym, un si petit pays par sa taille mais si grand par son histoire.

 

On racontait qu’un géant du ciel qui gardait la terre dans son orbite, a vu le continent africain dériver vers le continent américain, il n’a pas apprécié, alors, il l’a saisi par le bout et l’a soulevée, il en a fait tomber des humains, des plantes, des animaux sur l’Amérique et l’a remis en place mais l’a attaché à l’Europe par un petit point de soudure en argile. La copine du géant, qui l’observait, voulu remettre sa liberté à ce continent Africain, alors elle attendra des millions d’années (quelques minutes pour les géants) et quand son copain s’endorme, elle détacha l’Afrique en pinçant l’Europe par le bout du doigt pour en dessiner l’Italie, elle détacha quelques petits morceaux, la Sicile et quelques poussières de terre pour en faire des poses-pieds. Ainsi la Tunisie prendra sa forme et l’Italie la sienne. Elle regarda longuement, elle constata que d’énormes et pesantes montagnes s’entassent sur le dos fragile de ce petit pays naissant, elle en décida de le soulager, ainsi, avec son pouce et son index, elle déplaça les Alpes vers le continent du nord et traça l’Atlas, accidenté à l’Ouest mais  doux et clément à l’Est où elle m’installa sur les montagnes du Haut Tell Tunisien en étalant les plaines de la Medjerda à mes pieds. Ainsi je naquis.


Regardez de quoi je souffre, cette insouciance totale..Où mènera-t-elle ?


Par thala
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 18:46

Auto-Récit d’un village (5)

Ça fait 40 ans maintenant que je n’arrive plus à mémoriser les événements. Vous diriez que je suis nostalgique du passé mais je vous prie de m’aider à  réfléchir.

Je suis une ville, je suis une province étendue, je suis la terre ; j’ai la mémoire de milliards d’années mais il ne m’est jamais arrivé de telle perte de mémoire. En fait en pensant vous offrir des fleurs que je me suis rendu incapable de me rappeler du calendrier perpétuel. Je vivais à un rythme heureux où se succèdent les saisons : L’hiver avec sa neige blanche m’offre une couverture impériale et une source intarissable d’eau que je fais filtrer et enrichir dans mes entrailles pour en offrir aux vivants la plus douce des eaux, le printemps me rajeunit, je me vois chaque saison reine luxuriante embellie par toutes les couleurs et toutes les formes, je fais renaitre la vie, ces louveteaux sautillants côte à côte de ces agneaux ou gazelles, ces oisillons ouvrant leurs becs en sifflant les chants d’amour…Gâtée comme je l’étais, généreuse en été avec mes chevelures dorées d’épis et de fruits, je sonne la saison des mariages et comblée en automne dans un milieu paradisiaque j’offre mes fruits et la vertu de l’existence aux êtres qui doivent semer ou se préparer à l’hibernation. Telle fut ma destinée et ma vie…

 Depuis 40 ans, je n’arrive plus à tenir mon calendrier, mes fleurs disparaissent comme a disparu la majorité  de la verdure me couvrant jadis, les sables du désert m’étouffent, le soleil me brule…C’est la dégradation de l’environnement m’a-t-on dit…De ma mémoire de terre l’environnement ne s’est jamais auto dégradé, une fois c’était cette énorme météorite qui a tout bouleversé et a causé la glaciation, d’autres fois c’étaient les volcans qui devraient faire éruption pour donner une nouvelle chance à de nouvelles vies, mais actuellement, c’est mon protégé, l’Homme qui cause tous les désastres. Infime comme je le suis, un petit point sur la planète et je souffre, regardez qu’est ce que j’endure de cette usine catastrophique de chaux et de ces carrières de pierre marbrière.      

Par thala - Communauté : Roman d'un village tunisien
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 15:38

Auto-Récit d’un village (4)

Je n’ai pas la force d’évoquer mon Enfance sans parler de celle de ces enfants qui vivent chez moi, Thala.

Les statistiques disent que mes enfants sont les plus intelligents, le taux de réussite aux écoles et aux universités du pays le confirme, le nombre de médecins, d’ingénieurs et de cadres spécialisés l’affirment. Ils sont tous nés chez moi, à Thala ou y ont passé une partie de leur enfance. Comment ont-ils vécu ?

Je ne suis qu’un petit village comparée aux villes, j’étais vouée à grandir mais quelqu’un en a décidé autrement et je suis restée cloitrée. Mes enfants n’ont pas de piscines, mes enfants n’ont pas de Zoo, mes enfants n’ont pas les moyens de distraction et les espaces appropriés, mes enfants n’ont pas de Mac Donald et n’ont pas de plages, mes enfants n’ont rien…mais ont beaucoup plus de choses que ceux qui en ont les moyens.

Ils ont la patience, ils l’adoptent dès leur deuxième année d’âge, et vivent avec tout en grandissant.

Ils ont l’imagination,  Le monde est si vaste dans leurs petites têtes qu’il n’a ni frontière ni fin ; il est si grand et si vaste de la taille de leur imagination, mais, si petit de la taille de leur aire de jeux…
Ils inventent des jeux et des occupations en fonction des lieux et des moyens, une boite de sardine vide devient une remorque attelée à 04 bouchons d’eau gazeuse aplatis et attachés sur deux axes triés dans les fils de fer du maçon du coin. Un morceau de madrier devient un engin utile pour le jeu et pour le transport de l’eau, une chaussette devient un ballon et une flaque d’eau pluviale devient une piscine olympique…

Ils sont doués mes enfants, les vents du nord glaciaux ne les découragent jamais à sortir de leur maisons mal chauffées où il fait facilement (-)10 degré au dessous de zero " en hivers pour aller inventer une course à chevaux avec ceux du quartier, course à chevaux !!! Tout simplement inventifs, et pour se réchauffer, ils chevauchent un bâton en guise de cheval et se fixent un point de départ et un autre d’arrivée, la suite vous pourriez l’imaginer.

Ils sont généreux mes enfants, et sont beaux mes enfants parce qu’ils arrivent à se frôler un chemin dans un contexte stérile et difficile, ils réussissent  à étudier et à rêver d’un avenir meilleur.

Par thala
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 16:15

Auto- Récit d’un village : Thala_Tunisie (3)

Avant de vous raconter ma longue histoire associée à celle de l’homme auquel j’ai ouvert mon cœur, je vous fais part de ma douleur atroce et d’un mal qui me ronge. Je fus bien faite pour résister, pour m’auto soigner et pour me régénérer mais du moment que mon sort ne fut plus entre mes mains je saigne et je me désintègre sans pouvoir réagir. Dans cette folie générale qui s’empare des humains je deviens la principale victime.

La pollution, cette catastrophe sans âme, dévore la vie et précipite la fin de l’univers. L’Homme veut tout détruire et s’auto détruire et se ne sont pas les beaux discours des dirigeants ni les manifestations des naïfs qui arrêteront la machine ; l’appétit d’amasser plus de richesses et des montagnes de billets de banque triomphe des âmes et des volontés à faible pouvoir.

Je sollicite votre sympathie pour évaluer combien est grave et incertain mon présent et sombre et desastreux mon futur. Si petite et infime que je sois sur cette planète terre, un village et ses environs, j’ai perdu 99 % de mon habillage forestier, 90% de mes réserves d’eau, mon atmosphère complètement pollué, les saisons se sont perturbées, j’en avais quatre et j’en suis à une seule sèche toute l’année avec des températures a friter la roche en été et glaciales l’hiver. Plus de pluie, plus de neige, plus de blé, plus d’orge, plus d’olives, plus d’herbe, mes abeilles sont parties et les parasites mortelles ont pris place.. Ils ont ouvert mes entrailles sauvagement pour extraire la pierre marbrière et ont construit cette usine de chaux qui dévaste tout, tout, tout.. Ses fumées chargées de CO2 et de poussières siliceuses et de chaux vive qui assèche les plantes et les sols, s’infiltre dans les poumons et tue les micro-organismes, les plantes et les humains. Elle est aussi dangereuse qu’une usine d’enrichissement d’uranium. Les autorités ne font rien, et quand ils s’en rendront compte ce sera trop tard… Où est le ministère de l’environnement ?

Ces carrières de pierre marbrière, désastre au pluriel, un paysage qui vous fera vous croire dans une zone post-guerre nucléaire, mais qui en parlera ? Où sont les normes et les cahiers de charges ? Où est le ministère de l’environnement ?

Horrible encore, incroyable mais vrai : cette mode des lacs et de petits barrages de retenue des eaux pluviales qu’on croyait d’utilité, s’avère aussi dangereuse et dévastatrice. Ces lacs sont devenus les pièges qui retiennent les sédiments riches qui fructifiaient le sol, les boues argileuses imperméables ne permettent pas l’infiltration des eaux retenues mais au contraire les offrent à la vaporisation négative. Les microclimats sont changés, les distributions naturelles des eaux sont détruites. Le pire c’est que certains de ces lacs sont devenus des usines à virus et microbes et l’enclos de germination de l’Hépatite puisqu’ils sont reliés aux principaux réseaux des eaux usées urbaines. Si vous ne me croyez pas… Je vous invite à venir me visiter, moi un de ces villages qui en a un de ces lacs mortels aux pieds de l’Oued Machallah. Ensuite, essayez d’en dénombrer les victimes et vous constateriez que c’est toute la ville… Où est le ministère de l’environnement ? 

Je naquis avant l’Homme, il m’a fallu des milliards d’années de douleurs et d’endurance pour préparer son advenue. Je ne fus qu’une boule de feu errant des millions d’années dans l’Univers en quête d’une forme, quand je refroidis je fus germer les embryons de la vie et je commençais à enceinter, il a fallu tester et chercher une image pour cet Homme, un milieu et un motif ; des milliards de formes sont nées et sont disparues durant des milliards d’années jusqu'à ce qu’il vint et ce ne fut guère aisé. Plus petit que les dinosaures et plus grand que les fourmis, il ne fera certainement aucun mal mais saura s’épanouir et se perpétuer : ce fut naïvement mon impression  et ma joie.

Hélas, il a pu se multiplier, mais aussi s’adapter, développer ses capacités, s’organiser et inventer pour s’accaparer des plaisirs du pouvoir. Hélas, voila qu’en l’espace de quelques petites années qu’il veut détruire l’effort de milliards et de milliards d’années qu’a nécessité la création d’une planète habitable…hal
Par thala
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 13:40

J’appelle votre imagination pour deviner comment j’étais quand je fus jeune. Perchée sur le point culminant du haut Tell, ma chevelure en forêts de pins d’Alep, de chêne vert, de philaire, d’arbousier, de globulaire, de lentisque, de romarin, de calycotome, de cyprès, de ciste et de genévrier de Phénicie. J’étais la plus belle et la plus heureuse car à mes pieds s’étendent les vastes plateaux et marécages où dansent les dinosaures. Je suis le passage obligée de ce nord riche et orgueilleux vers le sud comblée par sa beauté et sa chaleur. L’homme, en quête de sécurité a trouvé refuge dans mes entrailles, il s’est installé chez moi il y a des millions d’années car il a compris qu’en me choisissant comme domicile, il dominera tout ce qui m’entoure, toutes ces vallées allant jusqu'à la Medjerda au Nord et aboutissant aux steppes du centre au sud.

Au début, je ne connaissais pas l’Homme, j’étais tellement heureuse de l’accueillir que je lui ai offert tout ce que j’avais, le miel de mes abeilles, le meilleur de mon gibier, la plus douce eau qui a pu couler sur la terre et quand il a évolué, je lui ai offert mes plus prestigieux minerais pour qu’il reste et qu’il me comble par sa présence. Je l’ai aidé à quitter ses grottes pour s’installer dans des demeures faites de mon bois précieux et de mon marbre sur les cimes en gradins de mes montagnes. Je lui offrais le confort de mes étés doux adoucis par les brises du nord, un printemps paradisiaque où s’éclatent toutes les couleurs de la vie, un automne riche de fruits et de labeurs et un hiver couvert de neige blanche et d’amour. Ma vie et la sienne se sont soudées, les milliers d’années coulèrent doucement et agréablement…C’est avec plaisir que je vous en raconterai les plus marquantes…une histoire, chaque jour... mon histoire, moi Thala. 

Par thala
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Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 17:52
Thala, cette petite ville au Nord Ouest de la Tunisie (35o.34’.33.38’’ N8o.40’.9.27E), perchée sur les plateaux des montagnes à 1052 mètres, se camoufle et craint pour sa pudeur. Elle est là depuis la nuit des temps… Elle va vous raconter son histoire..  

1. Salluste, Caius Sallustius Crispus, dans son œuvre « Guerre de Jugurtha » n’a guère ménagé les numides malgré la fortune scandaleuse qu’il a amassé dans leur province d’Afrique quand il fut son gouverneur et qui lui permit en 42 avant Jésus-Christ de se retirer de la vie politique.

Il a brièvement évoqué Thala dont la population a résisté quarante jours au siège que lui imposaient les Romains pour défendre son roi : « Les défenseurs voyant leur ville perdue, transportèrent tous leurs biens, tout l'or et l'argent au palais, et livrèrent tout aux flammes : le palais, les trésors et leurs corps, préférant la mort à la servitude. » cette tragédie dont les traces étaient là jusqu’en 2001 sur un monticule appelé « Koudia Hamra à Najaria », ont poussé notre roi à chercher une alliance avec le roi des maures qui le trahit par la suite et le livre aux Romains.


Mais Thala avant ce drame, était bel et bien présente et dominante, les traces de ses premiers habitants remonte à plus de 12000 ans, si non à des millions d’années.

La vie coule doucement, mais tout doucement.. Et,  toute forme de vie, doit lutter pour survivre...dans ma cité..

Par thala
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Commentaire de LizaBuzz

Lisabuzz.com parle de Thala région de Tunisie : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Thala région de Tunisie, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Taoufik mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Thala région de Tunisie et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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