THALA: premiere armee dans l'histoire de l'Afrique du Nord

Publié le par thala, région de Tunisie

Première armée dans l'histoire antique de l'Afrique du Nord, Thala

 Pendant que Quentar et ses compagnons parlementent à Zama, à Thala, le conseil s'est élargi à tous les habitants et s'est tenu quotidiennement en deux séances, une séance élargie avant le coucher du soleil pour une durée de deux à trois heures de temps, il finit quand apparait au sud l'astre le plus lumineux de la nuit avant le lever de venus (Jupiter), une deuxième séance fermée au groupe des sages et leurs suppléants qui débuta tous les jours après le diner pour se terminer tard dans la nuit quand Vénus est au comble de sa danse de charme .

 

Simzart, le grand sage qui a survécu au carnage, présidait les séances et animait les débats concentrés sur l'organisation de la défense. Le vieil homme est un visionnaire, un orateur habile doté d'une mémoire infaillible, il réunit la présence de l'esprit et l'intelligence à de grandes capacités d'analyse, il avait une faculté d'écoute qui dépassait l'impatience de ses concitoyens et avait un savoir faire avancé dans plusieurs domaines. Dans sa vie active, il a beaucoup voyagé, il a visité Thugga, Cirta, Mactaris, Zama, son commerce l'a guidé aussi aux fins confins du Sud à Capsa et plus loin encore où le paysage s'unifie quand toute verdure disparait et quand le sable devient poudre et quand l'eau se troque contre la vie. Deux souvenirs de ses voyages le marquent encore. Quand il a vu la mer pour la première fois de sa vie, il était en compagnie de son père dans une caravane de dix Thalois qui devraient ramener dix Zenbil  de sel de mer (un Zenbil est un double sac fabriqué ou tissé à partir de l'Alfa ou la laine de chèvre ou mouton, il peut contenir 100 à 150 kg) c'était son voyage initiatique car cette année il a atteint la puberté. Ils ont remonté les forêts sauvages de Fernana et ont contourné les obstacles autour de l'actuel Aïn Drahem pour se diriger vers le Nord-Ouest à partir du Djebel Aïn El Fellous mais se sont trouvé obligés de changer de route quand trois des leurs succombèrent à des morsures de serpents, ils ont dépassé le lac Oubeira (en Algérie) pour remonter à El Kala (en Algérie). Du haut de la montagne avant d'atteindre le lac Mellah, il a observé le bleu marin couvrir tout l'horizon, il a couru en compagnie de deux autres jeunes de son âge vers le rivage qu'il s'imaginait semblable à celui des lacs qu'il a déjà vu aux alentours de Thala et ailleurs, sa surprise était énorme quand il a vu les vagues se briser agressivement sur les falaises rocheuses, et des vagues suivies d'autres et d'autres par d'autres dans un bruit émouvant laissant échapper une mousse blanche qui le rappela le lait caillé. Il avait hâte de mouiller ses pieds dedans ; quand il atteignit un bout de plage dégagé entre les roches couvertes de pins, il avança  deux pas dans l'eau, se tourna vers ses compagnons en riant et en agitant ses deux mains puis recula de deux pas encore, ce fut le dernier souvenir avant de se réveiller tout mouillé, tremblant et couvert de sang grelottant entre les bras de son père. Il se souvient toujours de cet incident et des paroles de son père : « tu as manqué de respect à l'esprit de la mer, tu devrais lui demander sa permission avant de fouler son territoire, la mer est l'essence de la vie et c'est de la mer que toutes les créatures sont nées, quand tu l'approches ses premières vagues testent  ton intention ; si elles sauront que tu les défies, elles essayeront de te faire raisonner ,et, c'est ce qu'elles t'ont fait, et si tu récidives avec tes mauvaises intentions de défis et de moqueries, elles prendront ta vie pour l'offrir à qui saura la respecter ». Quand il a repris ses forces, il s'est appliqué à parler à la mer avant de l'aborder. Debout sur la plage durant une dizaine de minutes, il respirait profondément l'air marin, puis l'expirait doucement en exprimant les vœux les plus chers et les plus pacifiques et demanda à haute voie la permission en exprimant ses intentions directes. Après ce cérémonial et en toute confiance, il s'est jeté à l'eau salée qui a magiquement cicatrisé ses blessures et purifié son âme. Le lendemain tout le groupe a continué son voyage vers l'Ouest et a atteint le lac Mellah, ils ont campé la nuit et tôt le matin, ils ont imploré l'esprit de l'endroit à leur accorder l'autorisation en brulant des encens qui conjurent le mauvais sort et détournent tout malheur.  Ils ont passé la journée à creuser sur son rivage pour faire des tas de sel qu'ils ont chargé au deuxième jour et transporté à dos de mules jusqu'à Thala.

 



Simzart 
  a souffert de l'emportement des Thalois qui voulaient tous partir sans préparatifs et sans outillage rattraper les ravisseurs et ramener les captifs à la maison, ils ne parlaient que de ça ; il a beau essayé de les calmer et de tempérer leurs décisions, ils a beau expliqué qu'il faut être prêt et averti, qu'il faut connaitre son rival et ses capacités, qu'il faut préparer des plans d'actions mais ces Thalois blessés n'avaient rien à écouter des conseils de ce vieux passif comme ils le surnommaient, ils ne voulaient pas non plus attendre le retour de la délégation.                    

Les vingt une lunes de ce début d'été se sont écoulées et Simzart  se voue vaincu. Il s'inclina devant les décisions du conseil élargi :

« Vu le supplice, vu la catastrophe, vu l'ampleur des dégâts causés par les ravisseurs et vu    l'incessante nécessité de ramener les captifs, le conseil a décidé de ne pas attendre le retour de la délégation et de mobiliser cinquante valeureux hommes qui auront pour tâche de châtier les ravisseurs et de libérer les captifs. »  

 

 Takmat  n'a jamais craint les ours, il a tué des dizaines de crocodiles, il a toujours ramené des lionceaux et des louveteaux dans sa « Makhla » (un double sac en cuir ou en laine se porte sur les épaules et peut contenir de 10 à 50 kg), il s'est toujours aventuré où les autres n'ont jamais mis les pieds, cœur de pierre, ainsi appelé par ses concitoyens, il a toujours donné preuve de courage et d'endurance, Takmat  est sans rival le chef de l'expédition.

Il s'est accordé deux  jours pour préparer son expédition, a fait le tour de la ville, a choisi les meilleurs chevaux, les meilleurs tireurs à l'arc, les athlètes, et les meilleurs éclaireurs.

 

Au premier chant de coq de ce matin estival de fin de juillet de l'an 5399 av J.C, la première armée dans l'histoire de l'Afrique du Nord vient de se rassembler sur les hauteurs de Thala en haut du rocher des géants (Koudia Al Hamra à Najaria) en présence des sages de la ville qui ont veillé toute la nuit brûler des encens et implorer les esprits de la ville à les protéger et à leur offrir la victoire, les nombreux Thalois qui voulaient faire partie de cette expédition, les femmes et les jeunes qui n'ont pas dormi et ont préféré assister à l'évènement.

 

«Takmat » a fait promesse de sa vie et de ses biens s'il ne parvint pas à ramener les captifs, il a exhorté ses compagnons au courage et à l'application, les rappelant de la lâcheté des assaillants, il a évoqué le courage de Zelf , de Naj , de Char  ces ancêtres qui ont donné preuve de leur amour à Thala et qui se sont sacrifié pour elle.  




Simzart 
a offert aux guerriers à boire l'eau de la gourde sacrée dans laquelle Char  a piégé le tonnerre, il les rappela du courage de leurs ancêtres et de leurs vertus puis rétorqua : « Les Thalois n'ont jamais mis les mains sur les biens d'autrui, ils ont toujours vécu et agi avec honneur, ils ont préservé les codes de bon voisinage, ont toujours aidé les autres et se sont crée des amis partout où ils étaient depuis le fleuve infini  jusqu'au désert sans arbres et sans eau, ils ont survécu aux dangers qui les entourent grâce à leur courage et à leur ingéniosité, vous vous êtes portés volontaires pour secourir vos enfants captifs ; sachez que votre mission n'est pas aisée, ne vous emportez pas pour votre nombre ni par votre courage, ne sous-estimez pas votre adversaire, soyez prudents et vigilants, votre unité sera votre succès et votre intelligence saura vous guider à la victoire. L'ennemi nous a eu avec la trahison parce qu'elle est sa nature, vous l'aurez par la surprise et par le combat honnête, ne tuez pas les femmes et les enfants, ne tuez pas ceux qui ne portent pas d'armes, ne prenez aucun otage et ne ramenez aucune prise ou richesse, nous ne saurons jamais être des voleurs et nous garderons toujours nos codes d'honneurs. Que les moins âgés obéissent aux plus âgés et que ceux qui ont des idées les fassent savoir sans crainte et sans peur, écoutez-vous et agissez d'une seule main ; quand vous vous découvrirez l'emplacement de l'ennemi, étudiez le, mesurer sa force, prenez du temps à le guetter et à le connaitre et puis préparez ensemble un plan d'attaque auquel vous vous appliqueriez, certainement la victoire est votre étoile...Thala vous attends, revenez victorieux fils de vigoureux ».

Les premiers guerriers dans l'histoire de l'Afrique du Nord ont descendu la pente en file indienne sur les montures de leurs chevaux, ils ne devraient pas se retourner comme le voulait la tradition ancestrale, les femmes lançant des youyous versaient de l'eau à leur passage, l'eau saura les protéger, leur offrir victoire et les ramener sains et saufs. Ils se sont fondus dans le noir de cette matinée en direction du Nord Ouest quand les autres ont allumé des feux et ont continué à exhorter les esprits à les accompagner et à leur prêter main forte. A suivre.....

 

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Publié dans Histoire

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