Thala: libération des captifs à jebel Harraba

Publié le par Thala, Talah et Thela actualités news et histoire

Thala la bataille de jebel Harraba  

  l'antiquité devient source de profits aux pilleurs.... Thala: le centre de la ville antique



Alors que les premiers guerriers dans l'histoire de l'Afrique du Nord ont descendu la pente en file indienne sur les montures de leurs chevaux et se sont fondus dans le noir de la matinée en direction du Nord Ouest, les autres Thalois ont allumé des feux et ont continué à exhorter les esprits à les accompagner et à leur prêter main forte. Aux premières lueurs du soleil, une foule noire s'est dirigée vers « la colline de la dame sacrée » (Koudiat Oum Al Hirane) couverte de pin d'Alep et l'ont escaladé par l'unique sentier Est qui la serpentait. La colline est la demeure des serpents, ils l'ont colonisé depuis des millions d'années quand Sah a exaucé le vœu de sa mère Zelf et a enterré sa dépouille dans sa terre natale sur cette colline qui se dresse en gardien de Najaria et de Nadhour, il a mis à son service ces demi-dieux de Boulahnache, ces mi-serpents mi-humains qui veillaient sur la dépouille de la défunte et sur la ville. Les temps ont changé mais la colline n'a pas perdu son caractère sacré. Combien de malades sont guéris sur sa crête, combien d'atteints par la rage ont survécu à la démence et combien de mourants ont été ramené à la vie. Ce matin, les Thalois viennent sacrifier sept moutons sur la tombe de Zelf et les offrir aux serpents gardiens de la colline et de la cité, ils imploreront le succès de l'expédition et le retour des combattants et des captifs sains et saufs. Le cérémonial n'est point complexe, hommes et femmes se suivent jusqu'à la crête de Koudiat Oum Al Hirane, une fois devant la tombe de Zelf sculptée dans la roche calcaire, à tour de rôle, ils évoquent son voyage fondateur de Zelfane et sa fertilité offerte à Boulahnache et  vocifèrent chacun un vœux unique puis rejoignent le reste du groupe en face de la grotte d'où ruisselle une eau claire, climatisée, fraiche en été et tiède en hivers pour assister à la cérémonie d'offrandes ; quant aux enfants, ils faisaient l'aller et le retour entre cette source et la tombe l'arrosant d'eau bénie dans un atmosphère de jeu et de sérénité. Les moutons sont égorgés sur la roche qui surplombe la grotte et laissés sur place, le sang des bêtes ruisselle dans le cours de la source pour éveiller le sens des gardiens des lieux, seuls les cœurs et les foies sont retirés pour être partagés plus tard si l'offrande est acceptée. Ce jour là, Zelf ordonna aux serpents d'accepter l'offrande, quand les premiers serpents arrivèrent, les Thalois quittent l'endroit dans la joie et l'espoir sous le chant des enfants qui psalmodiaient un poème dédié à Char et à Thala puisque leur entreprise a réussi et la protection de Zelf est assurée.




Ce même jour à Zama,  Hibsal  réunit le conseil de la cité et y invita Quentar  et ses six compagnons ainsi que  Kinzel  de Mactaris, devant l'assemblée, il exposa les tragiques  événements vécus à Thala et fit allusion aux dangers prédits par le seigneur des secrets, il rappela le destin associé des cités sœurs aux mêmes ancêtres et fondateurs, il mit l'accent sur les relations fortes et étroites et conclut par exhorter ces concitoyens à courir au secours de Thala puis donna la parole à Quentar qui habilement se saisit des dernières paroles du seigneur des secrets pour sensibiliser les puissants Zamayens :

« Frères de sang et d'appartenance, au nom de ma cité Thala je vous remercie pour le noble accueil qui nous a été réservé ; je ne vais pas pleurer nos morts devant votre humble présence car il est indigne d'un descendant de Thala et de Char de larmoyer, je ne vais pas exposer notre malvoyance en ayant négligé la vigilance, je ne vais pas parler de notre naïveté qui a causé nos pertes humaines combien si chères, mais je souhaite vous mettre en garde de la trahison qui nous a endeuillé ; si nobles que sont nos peuples nous devons désormais savoir faire la différence entre l'or et le charbon, ce dernier qui était source de vie est désormais  source de feu et de désastre, nous l'introduisons dans nos foyers timide soit-il sans se douter qu'il somnole dans l'attente d'un instant propice pour nous embraser. Hélas, le mal est sur nos terres et à nos portes, il nous guette pour s'emparer de notre bien le plus précieux, de notre liberté. Pour façonner ce fibule en or (en montrant le sien), une seule pépite ne suffit pas mais plusieurs ; l'or dans sa noblesse est signe d'unité et de force et de pureté, un petit feu ne le consume guère, les temps ne le rouillent jamais, prudent par nature il ne s'expose jamais car les dieux l'ont instruit que l'exposition n'attire que les maraudeurs et la prudence rallonge la vie et les chances. Nous nous sommes exposé, nous pensions que le charbon germe la vie. Restons nobles comme l'est l'or, unissons nos forces pour vaincre le mal et soyons prudents car les brigands nous épient ; je repars à Thala confiant que nos peuples sauront répondre ensemble à toute agression et s'unir face à tout envahisseur ou pilleur. »

A peine finit-il son discours que l'assemblée s'agite, la plus part des présents se lèvent et jettent leurs bâtons dans le centre du cercle (geste qui signifiait la totale adhésion au discours et / ou à la décision). Hibsal se leva et frappa sur l'énorme anneau en cuivre suspendu à la poutre médiane de la grande hutte, ce dernier résonna fortement pour faire le silence dans la foule agitée et prononça des paroles qui marquèrent le début de la première alliance des deux cités :

« Tes paroles, sage Quentar ont atteint nos cœurs et ont chauffé le sang dans nos veines : conscients de l'unité de nos destins nous serons de vos cotés jusqu'à ce que Thala ramène les captifs et châtie les ravisseurs qui complotent certainement à s'attaquer à nous. Ici présents les sages de Zama ont tous approuvé votre discours et mettent à votre disposition cinquante valeureux guerriers qui renforceront les rangs des vôtres, ils sont désormais vos enfants, ils vous seront loyaux et fidèles, vous déciderez de leur destin. En retour, nous attendons de vous des sentiments semblables utiles en temps de paix et en temps de guerre. »

Pour sceller cette nouvelle relation et la renforcer par un lien de sang, Quentar demanda en mariage Sinaya la fille préférée de Hibsal qui le lui accorda sans hésitations. Le lendemain, les Thalois et les cinquante guerriers Zamayens quittèrent Zama, ils arrivèrent à leur cité deux jours après le départ des guerriers Thalois. Une halte d'une demi-journée leur fut imposée par le sage Simzart et quand l'étoile brillante de l'aube commença sa dance diamantée, Mazi sonna les anneaux de bronze suspendus sous le grand caroubier qui résonnèrent dans l'obscurité de la cité et réveillèrent la foule qui accourut observer le départ de la troupe à laquelle se sont joints les femmes dites léopards. Ce sont les femmes aguerries qui, à force d'accompagner les chasseurs dans les forêts sont devenues de vraies guerrières, patientes et habiles elles ont emprunté aux lionnes et aux léopards leurs techniques de chasse et sont devenues des membres incontournables dans le groupe des guerriers.

Simzart n'a pas fait de grand discours, il a seulement rappelé aux partants la noblesse de leur acte béni par Zelf qui accepta les offrandes, les a exhorté au courage et à la discipline et leur a offert à boire l'eau de la gourde sacrée.

Une longue file s'étira à partir de Boulaâba derrière Mazi et ses éclaireurs, serpenta les reliefs et disparut derrière les forêts. La marche soutenue des guerriers les rapproche de plus en plus des traces fraiches des Thalois qui sont partis il y a trois jours. À la fin de cette première journée, le groupe a atteint le cours principal de l'Oued Serrat et y a campé jusqu'à l'aube. Le paysage est découvert, quelques arbres d'ici et là constituent son unique habillage en dehors des herbes hautes et des marécages, cette partie de terre était un immense lac qui s'est asséché le long des années, les Thalois racontaient que les géants de la genèse l'ont creusé pour abriter les poissons échappés de la grande mer, ils les ont doté de membres terriens pour survivre quand l'immense océan se retira, c'est ce que nous appelons aujourd'hui dinosaures. À l'exception des crocodiles, des bêtes féroces et des vaches sauvages qui la peuplent, la région est très hostile et tout voyageur imprudent risque de finir dans le ventre des prédateurs attentifs ou absorbé par les sables mouvants. Le groupe accéléra son avancée et atteint le Djebel Hmayma vers le crépuscule, il avança quelques kilomètres vers le Nord mais l'obscurité a obligé les éclaireurs de s'arrêter par crainte de perdre les traces de l'armée Thaloise. La nuit fut quelque peu perturbée par le rugissement de lions et les cris d'animaux qui s'abreuvaient et chassaient non loin du campement, aux premières lueurs de l'aube le groupe se mit en marche et avança toute la matinée, quelques heures avant le coucher du soleil un croassement fort et aigu stoppa la marche, ce fut le signal des éclaireurs. Ces derniers codifiaient leurs messages et utilisaient les sons et cris des animaux pour décrire les situations ; un croassement de corbeau signifie un danger éminent, un braillement de paon signifie que l'adversaire encercle l'endroit de toutes parts, une huée de chouette signifie que l'adversaire est localisé et facile à atteindre, le hurlement d'un loup donne l'assaut, le rugissement d'une panthère signale la présence d'animaux redoutables, le cri d'un singe signale un adversaire faible sans défense, le ronronnement d'un tigre annonce une attaque surprise, et le roucoulement d'un pigeon signifie que l'adversaire dort à plein sommeil.

Le groupe s'est arrêté, Zami ordonna aux guerriers de se regrouper par équipes de cinq personnes et d'occuper les positions sur les hauteurs en se camouflant dans la végétation de romarin, l'échange de cris s'est arrêté avec l'apparition du premier éclaireur qui arriva tard dans la nuit et ne tarda pas à décrire la situation sans s'accorder un temps de répit.

« Les traces de nos vaillants guerriers se sont perdues dans le fleuve, elles n'apparaissent ni sur la rive droite ni sur celle de gauche, nous avons avancé pour atteindre le mariage des fleuves (intersection de l'oued Serrat avec l'Oued Mellague) sans recouvrir les traces quand le bruit d'une horde de mouflons en fuite interpella notre attention, nous guettâmes le troupeau effrayé et notre entreprise fut récompensée quand nous apercevions les cheveux brulées (ces hommes étrangers qui ont attaqué et pillé Thala), nous les épiâmes et nous découvrîmes leur village. Ils habitent des grottes taillées au bas de la colline, leur colonie est nombreuse, ils ont adapté leur vie au combat car ils ne possèdent ni cheptel ni champs d'orge, ils n'ont aucun olivier ni même un figuier.  Zywou (femme-éclaireur Thaloise) s'est approchée de leurs demeures et s'est fondu dans leur paysage, elle a signalé la présence des captifs mais pas celles de nos guerriers, les cheveux brulées gardent leurs positions sans relâche et postent une dizaines de sentinelles non loin du mariage des fleuves. »

Zami réunit la majorité des guerriers en gardant plusieurs aux aguets et leur exposa la situation, les discussions s'engagent et le bruit monte quand Fara ronronna fortement, tout se calme, elle avance dans le cercle et dévoila son plan :

« Nous avons une forte chance de réussir si nous prenions l'ennemi par surprise, nous devons d'abord l'encercler de tous les côtés et attendre la moindre imprudence de sa part pour attaquer ; comme disait Simzart, chaque endroit et chaque créature a son point faible, focalisons nos efforts à le connaitre car ça sera la clé de notre succès. » un moment de silence puis Zami les invita à se reposer après avoir changé les sentinelles.

Avant l'aube, les guerriers glissent dans le relief écharpé par les cours d'eau, les avancées deviennent rythmées par les chants d'animaux imités par les éclaireurs. À la tombée de la nuit les guerriers ont encerclé le clan des cheveux brulés au bas du jebel Harraba et se sont fondu dans la montagne. Fara qui faisait le relais entre les positions en gloussant de temps à autre pour signaler que la perdrix ne bouge pas de son nid (l'ennemi ne se rend pas compte de leur mouvement) fut surprise par un cri qui lui est familier, elle n'a pas de doute, c'est Masaba qui stridule sans arrêt comme une cigale stressée, c'était leur jeu quand elles étaient petites quand elles se perdaient en jouant à cache-cache, ça leur permettait de se retrouver ; elle marcha vers elle et souffla son nom. Les deux femmes se rencontrèrent dans une joie silencieuse sous l'obscurité de la nuit. Il y a quatre jours que Masaba est arrivée avec les guerriers Thalois, eux aussi ont adopté la même tactique et guettaient la moindre occasion pour fonder sur leurs ravisseurs. Les deux femmes font circuler la nouvelle de la rencontre et ce sont elles qui regroupèrent les guerriers ensemble en les guidant par les cris qu'elles émettent. Zami et Takmat se retrouvèrent pour discuter du plan d'attaque et décidèrent de passer à l'action avant l'aube quand les autres sont au dernier quart de leur sommeil.

Les premiers guerriers en compagnie des éclaireurs ont éliminés les sentinelles de l'ennemi un à un par leurs flèches empoisonnées et quand il ne restait personne qui puisse donner l'alerte, les Thalois renforcés par les Zamayens ont fondu sur l'adversaire sans pitié. L'effet de surprise a réussi, avec les premiers rayons de soleil, toute la population de ce clan a été regroupée en bas de la colline, les hommes et femmes qui ont essayé de se battre ont trouvé la mort par les lames tranchantes et empoisonnées des Thalois, ceux qui ont essayé de prendre la fuite ont succombé sous les flèches. On en compta deux cent têtes du clan des cheveux brulés capturées et tous les Thalois captifs ont été libérés. Les Zamayens conseillèrent d'incendier les grottes et de tuer les prisonniers sauf les femmes et les enfants qu'on rapportera à la cité mais Takmat et Zami se sont fortement opposés, ils ont rappelé les promesses qu'ils ont tenu à Zelf et à Simzart, ils ne sont pas venus voler ou piller ou prendre des âmes, ils sont venus libérer leurs captifs et donner une leçon à leurs ravisseurs. Les Zamayens ne voulaient pas lâcher un butin très riche, ils décidèrent de tout emporter y compris deux dizaines de captifs. Les Thalois ont menacé les cheveux brulés d'un traitement plus dur en cas de récidive et les ont chassé aux territoires de l'ouest où ils seront tenus à l'échec par les clans qui dominent ces territoires et qui sont hostiles à toute présence étrangère.

 

Le convoi prit son chemin de retour dans la joie, les alliés Zamayens avec leurs captifs et leur butin se sont séparés des Thalois à As Salsala pour longer l'Oued Mlis et se rendre à Zama.

 

Les nouvelles de la victoire semée par le vent devança les guerriers Thalois qui  furent accueillis en héros dans une ambiance festive qui s'est prolongée toute la nuit et s'est terminée le lendemain sur la crête de Koudiat Oum Al Hirane où les captifs libérés et les guerriers ont sacrifié des têtes de bétail à l'honneur de Zelf. Ils se rendirent le deuxième jour sur les hauteurs d'EChar pour  honorer le demi-dieu tonnerre que fut Char, ils campé toute la journée et toute la nuit dans le paysage forestier sur le sol bombardé par le silex ; ils ont brulé la graisse d'ours qu'ils gardaient au rituel de reconnaissance de l'esprit de ce fondateur et de ces compagnons, ces demi-dieux qui veillent encore et toujours sur la ville et sur toute la région. 

 

Thala s'est organisé à partir de ce jour, une armée de cent individus a été constituée, son commandement fut confié à Takmat qui s'est voué à la défense de sa cité et de ses concitoyens....à suivre...




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H
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